
Il y a quelques semaines, nous évoquions un fait rare : La déforestation dans l’Amazonie brésilienne a reculé de plus de 20 % en 2023. Un signal encourageant. Presque inattendu. Mais une question demeure. Que fait-on des signaux faibles quand ils apparaissent ?
Nos sociétés ont une étrange capacité. Elles savent très bien s’alarmer. Elles savent aussi, parfois, corriger. Mais elles ont beaucoup plus de mal à tenir dans la durée.
À transformer un frémissement en trajectoire. Un effort ponctuel en discipline collective.
Le problème n’est pas l’absence de solutions. Le problème, c’est la constance. Car nous vivons dans un monde qui valorise l’instant : L’annonce, le plan, le sommet, la déclaration. Mais beaucoup moins ce qui suit. Le suivi. L’ajustement. La persévérance.
La baisse de la déforestation en 2023 ne doit pas être interprétée comme un succès. Elle doit être lue comme un test. Un test de maturité.
Sommes-nous capables de reproduire cet effort en 2024 ? Et en 2025 ? Et au-delà ?
Ou allons-nous, comme souvent, relâcher la pression au premier signe d’amélioration ?
Car au fond, l’écologie — la vraie — n’est pas spectaculaire. Elle est répétitive. Parfois ingrate. Souvent invisible. Elle ne repose pas sur des moments forts, mais sur des choix faibles… répétés.
Chez BetterWorld, nous défendons une idée simple : Le monde ne change pas quand tout le monde est d’accord. Il change quand certains tiennent plus longtemps que les autres.
2024 ne sera pas l’année des grandes révélations. Tout est déjà là. Les données. Les alertes. Les solutions. La seule variable qui reste, c’est nous.
Notre capacité à rester engagés quand l’attention baisse. À continuer quand l’émotion disparaît. À agir sans attendre une nouvelle crise.
Les signaux faibles sont précieux. Mais ils ne sont rien sans une volonté forte.
Alors oui, l’Amazonie a commencé à respirer en 2023. Mais 2024 nous pose une autre question : Sommes-nous capables d’enfin sauver la plus grande forêt du monde ?!
Sébastien MENARD
Président EAT FOR GOOD