
Nous pensions retrouver “le monde d’avant”. Retrouver la normalité. Retrouver une forme de stabilité. Retrouver cette sensation presque rassurante d’un monde prévisible, organisé, maîtrisé. Mais quelque chose a changé. Profondément.
Le Covid n’a pas seulement provoqué une crise sanitaire mondiale. Il a accéléré une fatigue déjà présente. Une fragilité collective que beaucoup refusaient encore de voir.
Puis l’inflation est arrivée. Silencieusement d’abord. Puis brutalement.
L’énergie. L’alimentation. Le logement. Les transports. Le quotidien lui-même est devenu plus lourd.
Et derrière les chiffres, les graphiques et les débats économiques, une réalité beaucoup plus humaine s’est installée : Des millions de personnes ont commencé à vivre avec une forme d’inquiétude permanente. Une inquiétude financière. Mais aussi psychologique.
Car l’inflation n’est pas seulement une question de prix. C’est une question de projection.
Quand tout augmente, sauf le sentiment de sécurité, les individus doutent. Ils reportent. Ils ralentissent. Ils hésitent. Et peu à peu, la société entière devient plus nerveuse, plus tendue, plus fatiguée.
Le plus frappant, peut-être, est que cette crise intervient dans des sociétés qui n’ont jamais été aussi développées technologiquement.
Nous pouvons communiquer instantanément avec le monde entier. Commander en quelques secondes. Travailler à distance. Accéder à une quantité infinie d’informations.
Et pourtant, beaucoup ont le sentiment diffus de perdre le contrôle de leur propre vie. Comme si le progrès technique n’avait pas réussi à produire le progrès humain espéré.
Alors une question devient centrale : Et maintenant ?
Allons-nous continuer à accélérer dans un monde déjà épuisé ?
Allons-nous continuer à confondre croissance et équilibre ?
Performance et bonheur ? Connexion et relation ?
Ou allons-nous enfin accepter qu’une société durable ne peut pas uniquement être performante économiquement ?
Elle doit aussi être vivable humainement. Peut-être que la grande leçon de cette période n’est pas seulement économique. Peut-être est-elle civilisationnelle.
Le monde de demain ne pourra probablement plus fonctionner uniquement sur :
– la vitesse,
– l’hyperconsommation,
– la tension permanente,
– et l’illusion de ressources infinies.
Nous allons devoir réapprendre :
– à produire autrement,
– à consommer autrement,
– à travailler autrement,
– mais aussi à vivre autrement.
Cela demandera des efforts. Des arbitrages. De la lucidité. Mais aussi une immense capacité d’adaptation collective.
Car derrière les crises, il existe peut-être une opportunité historique : Celle de reconstruire un modèle plus équilibré.
Un modèle où la santé, l’environnement, le lien humain, le temps long et la qualité de vie ne seraient plus considérés comme des sujets secondaires. Mais comme les fondations mêmes du progrès.
Chez BETTERWORLD, nous pensons qu’il ne s’agit plus simplement de “faire tourner l’économie”. Il s’agit désormais de réfléchir sérieusement au monde dans lequel nous voulons continuer à vivre ensemble. Et cette réflexion ne peut plus attendre.
Sébastien MENARD
Co-fondateur de EAT FOR GOOD GROUP