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2023 : le climat n’est plus une alerte, c’est une réalité

18 janvier 2024

Il y a des années qui confirment. Et il y a des années qui obligent.

2023 appartient à la seconde catégorie. Selon l’Autorité environnementale, « l’année 2023 a été marquée par des événements climatiques d’une ampleur exceptionnelle jusque-là en France ». Cette phrase n’est pas un commentaire militant. C’est un constat institutionnel.

Sécheresses prolongées. Inondations destructrices. Incendies précoces. Records de chaleur répétés.

Le dérèglement climatique n’est plus un débat. Il est devenu un environnement.

Une France fragilisée

Au printemps, les nappes phréatiques affichaient des niveaux historiquement bas. Durant l’été, les restrictions d’eau ont touché des centaines de communes. À l’automne, le Pas-de-Calais vivait des crues d’une intensité rare.

L’année 2023 n’a pas été un accident météorologique. Elle a été une démonstration. Une démonstration que notre modèle agricole, nos infrastructures, notre gestion de l’eau et notre aménagement du territoire doivent évoluer plus vite que prévu.

Une planète sous tension

À l’échelle mondiale, 2023 est devenue l’année la plus chaude jamais enregistrée. Les océans ont atteint des températures inédites. La fonte des glaces s’est accélérée. Les événements extrêmes se sont multipliés sur tous les continents.

Les travaux du GIEC rappellent que la trajectoire actuelle ne permet pas de respecter les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris.

Nous savons. Nous avons signé. Mais nous ne transformons pas encore à la hauteur nécessaire.

Le décalage entre le temps climatique et le temps politique

Le climat impose le temps long. Nos systèmes politiques vivent dans le temps court.

Réduire les émissions, adapter les territoires, transformer l’industrie, repenser l’énergie : tout cela suppose constance, investissements massifs, décisions parfois impopulaires.

Or la tentation du court terme demeure forte. 2023 a ainsi révélé une fragilité démocratique : comment conduire une transition exigeante dans un monde soumis à l’immédiateté ?

L’économie face à ses responsabilités

Pour les entreprises, l’année 2023 marque une clarification.

La transition écologique n’est plus un supplément d’âme. Elle devient une condition de compétitivité.

Réduction de l’empreinte carbone. Optimisation des chaînes logistiques. Investissements dans l’innovation durable. Relocalisations stratégiques.

Le climat est désormais un sujet financier, industriel, stratégique. Ceux qui l’anticipent construisent. Ceux qui l’ignorent s’exposent.

Adapter sans renoncer

Une évidence s’impose : la réduction des émissions reste indispensable.
Mais l’adaptation devient tout aussi cruciale. Gestion de l’eau. Résilience des infrastructures. Protection des sols. Souveraineté alimentaire.

Nous entrons dans une époque où la stabilité climatique n’est plus acquise. Cela exige sang-froid, responsabilité et vision. Ni panique. Ni déni.

Ce que 2023 nous laisse

2023 ne doit pas être seulement une année de constats. Elle doit être une année de lucidité.

Nous savons désormais que le dérèglement climatique n’est pas une hypothèse lointaine.
Il est là. Il transforme nos territoires, nos économies, nos modes de vie.

La question n’est plus si nous devons agir. La question est comment nous allons le faire collectivement, durablement, intelligemment.

L’environnement n’est pas un thème politique parmi d’autres. C’est le cadre dans lequel tout le reste se joue. Et dans ce contexte, la seule posture tenable est l’engagement lucide.