
Depuis quelques années, un discours s’est imposé partout. Dans les entreprises. Dans les médias. Sur les réseaux sociaux. Bien-être et performance iraient naturellement de pair.
Il suffirait de quelques bonnes pratiques, d’un peu de sport, de mindfulness entre deux réunions, d’une alimentation “optimisée”, pour concilier exigence maximale et équilibre parfait.
C’est faux. Ou plutôt : c’est incomplet, naïf, et parfois dangereux.
Le bien-être est devenu un outil de performance
Soyons honnêtes. Dans beaucoup d’organisations, le bien-être n’est pas pensé comme une finalité, mais comme un levier de productivité. On ne prend pas soin des personnes pour elles-mêmes. On le fait pour qu’elles tiennent plus longtemps. Qu’elles encaissent mieux. Qu’elles performent sans faire de bruit. Yoga le matin, surcharge l’après-midi. Discours apaisants, objectifs intenables. Promesse d’équilibre, réalité de tension permanente.
Ce n’est pas du bien-être. C’est de l’anesthésie organisationnelle.
La performance durable n’existe pas sans arbitrage
La vérité est simple, mais inconfortable : on ne peut pas tout avoir, tout le temps.
On ne peut pas : accélérer en continu, demander plus avec moins, ignorer les signaux faibles, et espérer que le corps, l’esprit, les finances suivent indéfiniment.
La performance durable suppose des choix. Des renoncements. Des limites assumées.
Tout le reste relève du storytelling.
Le corps ne négocie pas
On peut négocier avec un agenda. Avec un manager. Avec un client. Pas avec un corps. La fatigue de juin n’est pas un hasard. C’est l’addition silencieuse de mois de tension, de mauvais sommeil, d’alimentation déséquilibrée, de stress banalisé.
Le corps encaisse. Puis il présente la facture. Et quand on parle de bien-être après l’effondrement, il est déjà trop tard.
Revenir au réel
Chez BETTERWORLD, nous défendons une idée simple : le bien-être n’est pas un outil de performance, c’est une condition de cohérence.
Il ne s’ajoute pas en bout de chaîne. Il se pense en amont. Cela implique de revoir les rythmes, d’accepter les limites, de sortir des solutions miracles, de privilégier l’accompagnement au discours. La performance n’est pas le problème. Le problème, c’est de vouloir l’extraire d’un système qui abîme.
Ce qu’il faut oser dire
Non, tout le monde n’ira pas bien en permanence. Non, le bien-être ne garantit pas la performance. Non, on ne tiendra pas longtemps en niant les contraintes.
Mais oui, on peut faire mieux. Oui, on peut faire plus juste. Oui, on peut construire des trajectoires moins spectaculaires, mais plus durables.
Le mensonge, ce n’est pas d’échouer. Le mensonge, c’est de faire croire qu’on peut réussir durablement sans écouter le réel.