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Maintenant ou jamais !

Faire le bilan sans se mentir

10 décembre 2024

Décembre est un mois de mise en scène. On y empile les bilans positifs. Les réussites mises en avant. Les chiffres qui rassurent. Les discours qui referment l’année comme on ferme un dossier.

“Malgré un contexte difficile…” “Une année intense mais riche…” “Des défis relevés…”

Tout est formulé pour donner le sentiment que l’on maîtrise. Que l’on avance. Que tout est sous contrôle. Mais faire le bilan sans se mentir demande autre chose. Beaucoup plus inconfortable.

Ce que les bilans évitent soigneusement

Un vrai bilan ne se limite pas à ce qui a fonctionné. Il regarde aussi ce qui a coûté. Ce que l’on a sacrifié pour tenir les objectifs. Ce que l’on a abîmé en accélérant. Ce que l’on a repoussé par manque de temps, d’énergie ou de courage.

Le sommeil amputé. La fatigue normalisée. Les tensions ignorées. Les signaux faibles mis de côté. Tout ce qui n’apparaît dans aucun tableau de résultats.

L’année a-t-elle été soutenable ?

C’est sans doute la question la plus importante. Et la moins posée. Pas : avons-nous réussi ? Mais : avons-nous tenu sans nous user excessivement ?

Une année peut être performante et destructrice. Efficace et déséquilibrée. Rentable et coûteuse humainement.

Décembre oblige à regarder cette vérité en face : tout ce qui “marche” n’est pas forcément durable.

Ce que l’on répète chaque année

Les bilans se ressemblent souvent. Parce que les causes profondes ne sont pas traitées. Même surcharge. Même urgences. Même promesses reportées à l’année suivante. On change les mots. On ajuste les indicateurs. Mais on reconduit le même modèle. Faire le bilan sans se mentir, c’est reconnaître ce qui se répète. Et se demander pourquoi.

Le courage de nommer

Un bilan honnête commence par des phrases simples :

  • Nous avons trop tiré sur certaines équipes.
  • Nous avons sous-estimé la fatigue.
  • Nous avons confondu vitesse et progrès.
  • Nous avons repoussé des ajustements nécessaires.

Nommer n’est pas s’accuser. C’est se donner une chance de corriger.

Ce que décembre permet encore

Décembre n’est pas seulement un point final. C’est un moment de lucidité rare. Le bruit retombe. L’année est presque derrière. La pression des résultats s’allège. C’est le seul moment où l’on peut regarder l’année dans son ensemble, sans urgence immédiate. À condition de ne pas transformer le bilan en exercice de communication.

Préparer la suite autrement

Faire le bilan sans se mentir ne conduit pas à plus de résolutions. Il conduit à moins d’illusions.

Moins de promesses intenables. Moins de discours déconnectés du réel. Moins de déni.

Et davantage :

  • de cohérence,
  • d’arbitrages clairs,
  • de choix assumés,
  • de respect du temps long.

Chez BETTERWORLD, nous croyons qu’un bilan utile ne cherche pas à enjoliver. Il cherche à aligner. Aligner ce que l’on dit avec ce que l’on vit. Aligner la performance avec la santé. Aligner l’ambition avec la soutenabilité. Faire le bilan sans se mentir, ce n’est pas être dur avec soi-même. C’est être responsable. Et parfois, c’est le plus beau point de départ possible pour l’année qui vient.