< Tous les articles

Maintenant ou jamais !

Le mythe de la pause estivale

Sebastien Menard, Co-fondateur EATFORGOOD

10 août 2024

Chaque été, le même réflexe collectif revient. On ralentit un peu. On respire. On se promet que tout ira mieux après. Les vacances sont devenues un sas. Un entre-deux supposé réparer ce que l’année a méthodiquement abîmé.

“Après l’été, je me reprends.” “À la rentrée, on réorganise.” “Les vacances vont me remettre d’aplomb.” Mais cette croyance repose sur un malentendu profond : le repos ponctuel ne corrige pas un déséquilibre structurel.

La pause comme compensation

Nous utilisons désormais la pause estivale comme compensation.
Elle sert à absorber :

  • la fatigue accumulée,
  • le stress banalisé,
  • les rythmes excessifs,
  • les déséquilibres alimentaires,
  • les tensions professionnelles non traitées.

Autrement dit, on demande à quelques semaines de repos de neutraliser des mois de dérèglement. C’est humain. Mais c’est illusoire.

Le repos est nécessaire. Il est vital, même. Mais il ne peut pas, à lui seul, réparer ce qui relève d’un mode de fonctionnement inadapté.

Le corps ne raisonne pas en vacances

Le corps n’a pas de calendrier social. Il ne distingue pas le temps de travail du temps de repos comme nous le faisons. Il fonctionne par continuité. Par accumulation. Par mémoire.

Il enregistre les nuits trop courtes, les repas pris trop vite, les tensions répétées, les signaux ignorés. Et il ne les efface pas parce que l’on change de décor pendant quelques semaines.

L’été soulage parfois. Il allège. Il fait redescendre la pression. Mais il ne remet pas les compteurs à zéro.

L’illusion du “nouveau départ” de la rentrée

C’est souvent à la rentrée que le mythe se révèle pleinement.

On revient avec l’intention sincère de faire autrement. De mieux s’organiser. De prendre soin de soi. De poser des limites.

Et pourtant, très vite, les anciens réflexes reprennent le dessus :

  • mêmes rythmes,
  • mêmes exigences,
  • mêmes urgences,
  • mêmes renoncements.

Non par manque de volonté. Mais parce que rien n’a réellement changé dans le fond.

La rentrée devient alors un faux nouveau départ. Un moment de relance… du même modèle.

Ce que la pause devrait réellement permettre

L’été n’est pas une solution. C’est un révélateur.

Un temps plus lent qui met en lumière ce qui, le reste de l’année, est masqué par le bruit, l’urgence, la saturation.

Il permet de ressentir :

  • ce qui fatigue vraiment,
  • ce qui déséquilibre durablement,
  • ce qui n’est plus acceptable,
  • ce que l’on ne veut plus reproduire.

La vraie valeur de la pause n’est pas dans l’oubli, mais dans la prise de conscience.

Sortir du mythe

Croire que l’été réparera tout est confortable. Mais dangereux.

Parce que cela retarde les décisions nécessaires. Parce que cela banalise les signaux faibles.
Parce que cela entretient l’idée qu’il suffit de tenir encore un peu.

Or tenir n’est pas une stratégie. C’est souvent un symptôme.

Chez BETTERWORLD, nous croyons que la pause n’a de sens que si elle ouvre un espace de réflexion, d’ajustement et de choix. Sinon, elle n’est qu’un sursis. Un répit avant de recommencer exactement comme avant. L’été ne doit pas être une fuite. Il peut être un point de bascule.À condition d’oser regarder, calmement, ce que l’on ne veut plus sacrifier à la rentrée.