
Il y a des combats qui ne naissent pas d’une mode. Ni d’une opportunité. Ni même d’un marché. Il y a des combats qui naissent d’une conviction : « Manger est un acte quotidien. Mais manger est aussi un acte politique, économique, sanitaire et environnemental. »
Et pourtant, chaque jour, des millions de consommateurs mangent… sans savoir.
Une illusion confortable
Depuis des années, nous avons construit une illusion collective :
– croire que “bio” suffit
– croire que “local” protège
– croire que “naturel” rassure
Mais la réalité est plus complexe. Un produit peut être bio et venir de l’autre bout du monde. Un produit peut être local mais pauvre nutritionnellement. Un produit peut être “naturel” et pourtant déséquilibré. Autrement dit : Nous avons remplacé la compréhension par des labels.
Le vrai problème : l’absence de lisibilité
Aujourd’hui, le consommateur est confronté à une inflation d’informations, une multiplication de labels, des discours contradictoires. Résultat : Il ne sait plus à qui faire confiance, il ne sait plus comment arbitrer, il finit par se positionner au prix ou décider au marketing.
L’agri-balise : remettre de la clarté
C’est précisément pour répondre à cela que je me bats depuis des années pour une idée simple: l’agri-balise !
Une information claire, lisible, accessible, qui permettrait de comprendre immédiatement :
– la qualité nutritionnelle
– l’origine des matières premières
– le niveau de transformation
– l’impact environnemental
– et, à terme, les risques potentiels
Donner un repère : le chiffre
Parce qu’un concept sans repère reste abstrait, nous avons voulu aller plus loin.
Depuis 23 ans et le lancement de notre aventure Beautysané, nous avons imaginé des repas construits autour d’un chiffre cible : 0,25 sur l’agri-balise. Un chiffre simple. Lisible. Compréhensible.
Un chiffre qui traduit un équilibre global : nutritionnel, environnemental et sanitaire.
Dans la vie réelle
Mais pour comprendre, il faut comparer.
– Une pizza copieuse, généreuse en fromage et en garniture, se situe généralement autour de 0,70 à 0,90
– Un burger avec frites et soda, typique de la restauration rapide, se situe plutôt entre 0,90 et 1,10
– Une côte de bœuf accompagnée, symbole de plaisir et de convivialité, peut atteindre 1,20 voire davantage
Passer de 1 à 0,25, ce n’est pas un détail. C’est un changement de modèle. Pour soi, pour les autres et pour la planète.
Choisir de reprendre le pouvoir
Demain, chacun pourra décider :
– de rester sur un repas léger, autour de 0,25
– de monter à 0,60 ou 0,80
– ou d’assumer un moment de plaisir à 1,00
Mais cette fois, en le sachant. Parce que la liberté commence toujours par la compréhension.
Au fond, la question est simple : Voulons-nous continuer à consommer à l’aveugle ? Ou voulons-nous reprendre la maîtrise de nos choix ?
L’agri-balise n’est pas un gadget. C’est un outil de transformation.
Ce combat est mon choix. Je ne me bats pas pour l’agri-balise par posture. Je me bats pour la transparence, la responsabilité, la confiance et parce que je suis convaincu d’une chose : Nous ne construirons pas une alimentation responsable sans information responsable.
En conclusion, manger responsable, ce n’est pas manger parfait. C’est comprendre, arbitrer, choisir et accepter que derrière chaque choix alimentaire, il y a une vision du monde.
Sylvain BONNET
Fondateur de Beautysane
Cofondateur du groupe EAT FOR GOOD