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Maintenant ou jamais !

Quand l’usure devient invisible

Sebastien Menard, Co-fondateur EATFORGOOD

10 octobre 2024

Octobre est un mois sans excuse. La rentrée est passée. Les agendas sont pleins. Les organisations ont repris leur rythme. Les bonnes intentions de septembre se sont déjà frottées au réel. Et pourtant, quelque chose s’installe. Silencieusement.

Pas une crise franche. Pas un effondrement brutal. Mais une usure diffuse, progressive,  resque imperceptible.

L’usure sans bruit

En octobre, on ne va pas “mal”. On va un peu moins bien. Un sommeil plus court. Une fatigue plus persistante. Une irritabilité légère mais régulière. Une alimentation moins attentive. Un rapport au travail plus mécanique. Rien d’alarmant, pris isolément. Tout devient problématique lorsqu’on additionne.

C’est ainsi que l’usure s’installe : sans alerte, sans rupture, sans signal spectaculaire.

Le danger de l’invisible

Ce qui est visible appelle une réaction. Ce qui est invisible se banalise. L’usure silencieuse est dangereuse parce qu’elle ne déclenche ni arrêt, ni prise de conscience immédiate. Elle permet de continuer. De tenir. De produire. Mais à un coût élevé. On s’adapte à la fatigue. On normalise la tension. On intègre le déséquilibre comme un état ordinaire. Jusqu’au jour où le corps, l’esprit ou l’organisation ne compensent plus.

Quand “tenir” devient une norme

Dans beaucoup de trajectoires personnelles et professionnelles, tenir est devenu une valeur.
Une preuve de sérieux. Parfois même une fierté. Mais tenir n’est pas neutre. Tenir consomme. Tenir sans ajuster use. Tenir sans réfléchir fragilise. Tenir sans limite finit toujours par casser quelque chose. L’usure d’octobre n’est pas une faiblesse individuelle. C’est le symptôme d’un modèle qui fonctionne trop longtemps en tension.

Le corps et le temps long

Le corps, lui, ne raisonne pas en échéances courtes. Il raisonne en durée. Il encaisse ce que l’on reporte. Il enregistre ce que l’on ignore. Il cumule ce que l’on banalise. Octobre marque souvent ce moment où l’on commence à payer ce qui n’a pas été ajusté plus tôt dans l’année. Pas sous forme de crise. Mais sous forme d’érosion.

Ce qu’octobre nous oblige à regarder

Octobre est un mois inconfortable parce qu’il ne permet plus de se mentir. Il oblige à se poser des questions simples, mais décisives :

  • Ce rythme est-il soutenable jusqu’à la fin de l’année ?
  • Ce fonctionnement respecte-t-il réellement le corps et l’humain ?
  • Ce que je perds chaque semaine vaut-il vraiment ce que je gagne ?

Ce sont rarement les grandes décisions qui manquent. Ce sont les ajustements quotidiens que l’on repousse. Sortir de l’usure avant l’épuisement

L’enjeu n’est pas de tout arrêter. Ni de tout bouleverser. L’enjeu est de corriger avant que l’usure ne devienne irréversible.

Réintroduire du sommeil avant l’insomnie. Rééquilibrer l’alimentation avant la chute d’énergie.
Revoir les priorités avant la perte de sens. Ralentir légèrement avant l’arrêt forcé. L’usure silencieuse est une alerte douce. Encore faut-il accepter de l’entendre.

Ce que BETTERWORLD défend

Chez BETTERWORLD, nous croyons que la prévention commence là où l’on accepte de regarder ce qui s’abîme lentement. 

Pas quand tout va mal. Mais quand tout “tient encore”. Octobre n’est pas un mois spectaculaire. C’est un mois décisif. Celui où l’on peut encore ajuster sans casser. Celui où l’on peut encore durer sans s’épuiser. À condition de ne plus confondre endurance et aveuglement.