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Maintenant ou jamais !

La fatigue du monde

Sébastien MENARD

20 juillet 2024

Il y a une fatigue qui ne se voit pas.
Elle ne fait pas de bruit. Elle ne déclenche pas d’alerte. Elle ne se mesure pas dans les indicateurs. Et pourtant, elle est partout.
Fatigue face aux crises qui s’enchaînent. Fatigue face aux injonctions permanentes. Fatigue face à l’impression que tout repose sur nos épaules. Changer ses habitudes. Consommer autrement. Travailler différemment. Penser plus loin. Toujours plus. Cette fatigue est devenue un facteur silencieux de renoncement.

Pas un renoncement brutal. Pas une rupture. Un glissement. On ralentit. On s’adapte moins. On remet à plus tard.
Et dans ce contexte, l’écologie devient parfois une charge de plus. Une contrainte supplémentaire. Une exigence qui s’ajoute à toutes les autres. Alors même qu’elle devrait être une réponse.

Car au fond, la question n’est pas seulement écologique. Elle est
humaine.

Combien de temps peut-on demander à une société de faire des efforts sans lui redonner du sens ? Nous avons beaucoup parlé de transformation. Mais pas assez de soutenabilité humaine. Pas assez de rythme. Pas assez d’équilibre. Pas assez de respiration. Le risque aujourd’hui n’est pas le refus. Le risque, c’est l’épuisement.

Chez BetterWorld, nous pensons que la transformation ne peut pas reposer uniquement sur l’effort.

Elle doit aussi s’appuyer sur l’envie. Envie de mieux vivre. Envie de mieux consommer. Envie de retrouver du sens dans ce que l’on fait. Car une transition subie ne dure jamais. Seule une transition désirée s’installe. Cela suppose de changer de regard. Passer d’une écologie punitive à une écologie désirable.

Moins de culpabilité. Plus de cohérence. Moins d’injonctions. Plus d’appropriation.

Le monde ne changera pas uniquement parce qu’il le faut. Il changera parce que, collectivement, nous déciderons que cela vaut la peine.

Alors oui, il y a de la fatigue.
Mais il peut aussi y avoir autre chose. Une forme de lucidité apaisée. Une volonté plus simple. Moins spectaculaire mais plus durable.

Parce qu’au fond, tenir dans le temps ne dépend pas seulement de la force. Cela dépend aussi du sens que l’on y met.

Sébastien MENARD
Président EAT FOR GOOD