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Maintenant ou jamais !

L’illusion des annonces

Sébastien MENARD

19 février 2024

Il y a quelque chose de profondément rassurant dans une annonce.
Un plan. Un engagement. Une promesse publique. Cela donne le sentiment que le problème est pris en charge. Qu’une décision a été prise. Que le réel va suivre. Mais la réalité est souvent différente.

Nous vivons dans une époque où l’annonce a pris le dessus sur l’action. On communique avant d’agir. On promet plus vite qu’on ne transforme. On confond parfois intention et résultat. Et dans ce glissement, il y a une illusion dangereuse : Celle de croire que dire, c’est déjà faire.

Prenons l’écologie. Les plans se multiplient. Les objectifs sont affichés. Les trajectoires sont tracées. Et pourtant, sur le terrain, les écarts persistent.

Parce que l’annonce ne coûte presque rien. Mais que l’action, elle, engage. Elle oblige à arbitrer. À renoncer. À changer réellement. Mais ce serait trop simple de s’arrêter là. Car cette illusion ne concerne pas seulement les États ou les entreprises. Elle nous concerne tous.
Combien de fois avons-nous annoncé à nous-mêmes un changement ?

Une nouvelle discipline. Une nouvelle exigence. Une nouvelle manière de faire. Combien de résolutions… Sans lendemain ?

Au fond, le sujet n’est pas écologique. Il est presque philosophique. Pourquoi préférons-nous l’idée du changement à sa mise en œuvre ?
Parce que l’idée est confortable. Elle ne bouscule rien. Elle ne remet pas en cause nos habitudes. L’action, elle, dérange. Elle impose un coût immédiat pour un bénéfice différé.

Chez BetterWorld, nous pensons que le vrai enjeu n’est pas
d’annoncer mieux. C’est d’agir plus longtemps que l’effet
d’annonce.

L’écologie, comme toute transformation, n’a pas besoin de nouvelles promesses. Elle a besoin de cohérence. Entre ce que l’on dit. Et ce que l’on fait. Entre ce que l’on affiche. Et ce que l’on tient. Finalement, la vraie question n’est pas : Qu’allons-nous annoncer en 2024 ? Mais plutôt : Qu’allons-nous réellement changer… et surtout, tenir ?

Parce qu’au fond, le monde ne souffre pas d’un manque d’idées. Il souffre d’un manque d’exécution.

Sébastien MENARD
Président EAT FOR GOOD